MTO Blagnac (VFR) : visi 10km, tempé 19/, QNH1019 (LFMP Q1021, LFBZ Q1018)

Victor Sierra au Maroc

Le Maroc en avion léger

Récit d'un grand voyage mené avec le Victor Sierra (DR400-180 F-GOVS) à l'été 2006.

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Publié par cchaix le 18 déc. 2009 à 15:20

Publié dans Carnets de vols Pilotage 

Voyage au Maroc : préparation et départ (7-18 juillet)

Vendredi 7 Juillet : Fin de la préparation

Ça y est, les vacances sont là ! L’imprimante du bureau sort les dernières cartes VAC et je file à l’aéroclub. Le départ est prévu demain matin, le DR-400 F-GOVS est prêt, la météo est bonne, ça devrait marcher…
Nico arrive à Blagnac de Paris, avec Hervé qui habite Toulouse l’équipage est au complet. Le décollage est prévu pour 9h.

Samedi 8 Juillet : Muret-Reus (LFBR-LERS)

6h : Café devant le site de Météo France et dépôt du plan de vol…
Arrivé à l’aéroclub, nous décalons le plan de vol d’une demi-heure le départ sera plus proche de 10h que de 9h…

Le chargement de VS s’effectue sans problème, on finit par trouver une place pour tout en vérifiant le centrage. Même avec les pleins et 3 personnes à bord, le VS peut prendre des bagages.

Juste après le décollage, nous passons avec Toulouse pour obtenir le niveau de vol 75, puis le 95 en arrivant sur les Pyrénées. Le ciel est clair : pas un nuage en vue, et il n’y a pas de turbulence.

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Niveau de vol : altitude en centaines de pieds, au calage altimétrique standard (1013 hPa)

Arrivé à la frontière, le compas part lui aussi en vacances. L’aéroclub m’avait prévenu, au-dessus des Pyrénées, il va s’affoler. Le record sera d’environ 1 Tour en 2,5 secs. Je quitte la fréquence de Toulouse Info pour passer avec Barcelone qui ne répond pas… Retour sur Toulouse, qui nous dit que c’est normal ; il faut attendre 15 min. 15 Min après, Barcelone nous reçoit et nous continuons vers Reus.

Reus, c’est simple à trouver, en partant de Toulouse c’est plein sud et quand on est au-dessus de la plage, c’est qu’on a fait 1 Km de trop...
L’aéroport de Reus est… moche :-)

Deux 757 de Thomson sont en train de charger, on passe derrière avec notre Follow Me qui nous amène sur le parking à côté de l’hélico de la Guardia civil.
Pour la première journée, nous voulions continuer directement sur Almeria, mais le Pape est à Valence pour le weekend. Notre plan de vol est refusé au dernier moment (juste avant la mise en route). Une ZIT vient d’être activée.

Retour au bureau de piste et dépôt d’un plan de vol pour le lendemain, les autres aérodromes de la côte Est espagnole sont fermés aux VFR pour la journée. Nous croisons deux Corses venus avec un EC 120 pour aller au sud de l’Espagne : ils sont furieux de ne pas pouvoir aller à Valence, alors ils partent avec un plan de vol pour un local avec l’intention de déclarer « short fuel» en arrivant près de Valence… Et ils décollent… Nous aussi nous partons, mais pour la plage.

Dimanche 9 Juillet : Reus – Almeria (LERS-LELC)

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Faire un 360 : virage à 360°, tour de retardement

Après une nuit à la belle étoile, on s’installe dans le VS.
Cette fois ça devrait passer. Et puis, Reus, ça nous a tellement plu qu’on veut vraiment y aller! Hervé ferme la verrière sans que personne ne soit venu nous annoncer la venue du dalaî-lama ou du Pape…
Décollage de la piste 27, cap sur la mer… Il y a un plafond bas, 2500 ft apparemment. À 2000 ft, ça passe. Je tente 2100 mais à 2100 ft la visibilité passe à 1m.

Nous contactons Valence, un sourire dans la voix pour demander un transit. Le pape est toujours là, mais on ne sait jamais sur un malentendu… Ça ne marche pas, « papa » 40 Nm etc… Je comprends 1 mot sur deux du baratin à moitié en espagnol, mais ces deux mots ont suffi. On tourne vers l’intérieur des terres.
Suivi de terrain pendant 1h à 1000 ft sol, ça nous permet de découvrir une superbe région.

Après 2h de vol, on déboule encore bien au nord d’Almeria. Le paysage a changé. C’est sec ! Le second réservoir supplémentaire se termine avec l’aéroport en vue. Un 360 le temps de laisser décoller un 737, et nous intégrons le circuit derrière un SR-20. Pendant le roulage, l’altimètre affiche environ 20 ft….la mer est juste à côté.

Au parking, deux Espagnols font le plein de leur PA-28, ils ont fait le contournement de Valence par la mer et repartent pour Madrid.

Le plein d’AVGAS pour le VS et nous filons déposer le plan de vol pour le Maroc, il faut le déposer 48h à l’avance. On discute un peu pour expliquer qu’on aimerait bien avoir une copie ou une confirmation que le plan de vol est accepté : les plans de vol qui doivent être déposés 48h à l’avance laissent peu de place à l'erreur.
Direction le centre-ville, un petit hôtel sympa nous attend. Ensuite, ce sera visite et tapas !

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AVGAS : essence aviation (aviation gasoline)

Lundi 10 Juillet : Grenada! (LEGR)

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Départ tôt… Les militaires veulent la piste pour eux seuls à partir de 8h. Nous décollons à 7h50 !
L’avantage c’est que le vol est d’une stabilité incroyable, nous pouvons longer la côte sans turbulences. Au nord d’Almeria, on fait un crochet pour aller voir les studios de cinéma des westerns spaghettis ; au fond d’une vallée nous trouvons les studios avec un village indien reconstitué, un fort...

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Ensuite, la Sierra Nevada arrive, il reste un peu de neige, moins que sur les Pyrénées. Juste derrière, Grenade nous attend.
À Grenade, il fait chaud… La tour annonce 45°C. L’AVGAS arrive tout doucement, les pleins prendront bien ½ heure.

Une navette nous attend pour nous amener à l’aérogare. Taxe totale : 10 Euros : ce n’est pas cher pour un aéroport international !
Grenade vaudrait le coup d’y passer plus de temps, mais nous avons juste le temps de visiter l’Alhambra et de traîner dans un bar à Flamenco le soir. (Bar « chez Paco » derrière la cathédrale, le repaire des chanteurs de Flamenco !)

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Mardi 11 Juillet : Grenade – Tanger (LEGR-GMTT)

 C’est pour aujourd’hui! Ça y est le Maroc est juste à côté! Le plan de vol est déposé depuis 48h, accepté, le bureau de piste de Grenade nous fournit les NOTAM et la dernière Météo sur le Maroc.
Il fait chaud sous la verrière, le temps se couvre sur Grenade et le vent se lève tout doucement : des cumulonimbus sont prévus dans peu de temps. On opte pour un départ rapide, pas de survol de la ville, nous mettrons le cap directement sur Gibraltar. Le contrôleur doit être d’accord avec moi : « Ready for immediate take off ? » Et comment !

Pleins gaz, VS décolle assez court, mais ça ne monte pas fort, en plus ça remue. Plus haut, le vol redevient calme. La cuvette de Grenade semble se couvrir de nuages et la visibilité n’est pas bonne vers l’arrière. Devant, c’est dégagé : Gibraltar sur la droite, on devine l’Afrique devant. Juste le temps de discuter avec Malaga et nous voilà à mi-chemin entre l’Europe et l’Afrique.

Je quitte avec le contrôle espagnol et lâche un : « Tanger du F-GOVS : salaam aleikoum » sur la fréquence de Tanger, tout content de moi. Personne ne répond… 30 sec plus tard je retente avec un fade « Tanger du F-GOVS, Boujour… » et ça marche.

Après l’étude des cartes et des documents du SIA marocain nous nous attendions à devoir suivre un cheminement VFR des plus précis avec des altitudes au pied près, mais non ce sera simplement : « Passez au Sud de Tanger, rappeler en vue. »

Gibraltar

Gibraltar

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Courte finale sur la 10 de Tanger

 « Autorisé piste 10, le vent 10° 27 Kt. » À 90 degrés près, le vent est dans l’axe…
Avec la piste 10 en service, nous faisons notre étape de base au-dessus de l’océan.

Arrivée au Maroc

Le plein, un peu de paperrasse pour les passeports et nous partons visiter Tanger. L’accueil au Maroc est très chaleureux et tous les problèmes de Nav et d’autorisations se simplifient en discutant avec les contrôleurs…

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Tanger

Mercredi 12 Juillet : Tanger – Fès (GMTT-GMFF)

Tanger, c’est bien, mais Fès devrait être encore mieux. Pas trop de vent, 25 Kt dans l’axe. Le vent a tourné dans la nuit. VS décolle très court, en montée, il affiche 90 Kt au badin, 60 au GPS… On tourne vers Fès, et le GPS accélère doucement.
Le vol est génial, à gauche une mer de nuage sur le Rif, à droite la campagne Marocaine. C’est magnifique, mais heureusement la mer de nuage reste comme sur les cartes météo et laisse Fès en conditions CAVOK.
À Fès pas de vent, on contourne la ville, et on s’intègre en finale. Après un classique :

« Rappelez en vue »

Une fois au sol, en marchant vers l’aérogare nous entendons : « Hé, quand on vient du ciel, on vient voir les contrôleurs ! »
On se retourne, quelqu’un nous attend au pied de la tour pour discuter, tout simplement. Le directeur de l’aéroport ne comprend pas que nous cherchions un hôtel tout simple, plutôt que le 5 étoiles de l'équipage du Falcon arrivé juste avant nous…

On part directement visiter la médina. À 13h, c’est vraiment une superbe idée : il doit faire au moins 45°C.

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Aéroport de Fès

Jeudi 13 Juillet : Meknes

Pas d’avion, aujourd’hui F-GOVS reste au parking. Nous partons, en train, visiter Meknes. Ça été la nav la plus difficile du séjour : on s’est perdu pendant 3h dans la médina !

Le soir nous discutons de la suite. Errachidia ou Marrakech ?
D’après le guide, Marrakech ressemble à Fès et Meknes, ce sera donc cap au sud vers Errachidia et nous passerons à Marrakech au retour.

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Meknes

Vendredi 14 Juillet : Fès-Errachidia (GMFF-GMFK)

Nous passons les traditionnels contrôles de sécurité, les militaires nous demandent en prime de leur faire une petite démonstration de notre GPS. MTO, plan de vol… En théorie le ciel est réservé aux militaires aujourd’hui, mais le contrôleur négocie avec eux pour avoir un créneau. Finalement nous partirons avec comme seule consigne de passer le bonjour aux contrôleurs d’Errachidia de la part de ceux de Fès.
Plein gaz, VS décolle, virage à droite et maintenant c’est tout droit. Comme tous les aéroports au Maroc, la piste fait au moins 2000m. VS monte tranquillement. Le moteur a eu un peu chaud pendant le roulage, il affiche 100°C !

Le vol nous fait contourner l’Atlas par l’Est, les paysages changent et le désert apparaît. Les montagnes sont magnifiques. La nav est très simple : laisser l’Atlas sur la droite et dès que l’Atlas se termine, Errachidia devrait être dans la vallée un peu à droite.
La ville apparaît après 1h20 de vol au-dessus du désert. Le tour de piste nous fait passer  au dessus d’un immense terrain militaire rempli de chars. La frontière algérienne n’est pas loin…

Une fois posés, nous voulons:

  1. Faire le plein.
  2. Partir en vol local vers le sud le plus vite possible tant qu’il fait frais. (moins de 40°C)

D’après le contrôleur : Oui, pas de problème pour le vol local ! Et pour l’AVGAS ?
« Vous traversez la route, et vous allez à la pompe marquée sans plomb 98 »

Pour le vol local, c’est annulé et nous commençons les calculs pour savoir si devons aller chercher des jerricans en bus dans un autre aéroport, ou si nous pouvons continuer. 1h40 de vol ce matin ; il reste 1h40 vers Ouarzazate.

À Errachidia, le directeur de l’aéroport nous trouve un loueur de voiture, et nous mettons le cap vers le Sud : d’après le guide du routard, les dunes de sable sont à 100 km. Effectivement, 100 km plus au sud nous sommes en train de désensabler le 4x4 loué…
Le coucher de soleil arrivant, on « gare » la voiture dans le désert et nous partons prendre l’apéro sur une dune. Une fois assis sur une dune, nous voyons un nuage jaune au loin, 30 secondes plus tard on court vers la voiture et les 200 derniers mètres se feront en pleine tempête de sable avec une visibilité à 2 mètres tout au plus. En 2 minutes, une tempête de sable est arrivée !

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F-GOVS à Errachidia

Samedi 15 Juillet

Le Taxi nous dépose directement sur le Tarmac à côté de l’avion, il y a juste un contrôleur qui attend en bas de la tour, il montera pour faire la radio lors de notre départ.
Je demande confirmation que Ouarzazate est bien ouvert avant de partir. Ça passe pour l’aller simple, mais au niveau fuel, le retour est « tendu » si Ouarzazate est fermé.
L’aéroport est désert, nous décollons sur une piste digne de Roissy CDG. Le vol est génial, avec une alternance de désert, d’oasis, de montagnes et de villages qui se confondent avec la terre orangée. Question radio… Le prochain contact sera avec Ouarzazate.

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Et justement, Ouarzazate arrive derrière son lac, un classique « rappelez en vue » et le VS se retrouve en longue finale pour une autre piste de 3 Km.

L’aéroport de Ouarzazate est spécial : doté d'un hall pour des vols internationaux, avec son personnel mais sans les voyageurs.

Après le plein d’AVGAS, on se dit que ce soir, un petit vol vers Zagora ça ne serait pas de refus…
En attendant, on se met à la recherche d’une voiture à louer et d’un hôtel. Il fait presque bon, un peu moins de 40°C. En appelant le club à Toulouse, on apprend que c’est la canicule et il fait plus de 40 °C là-bas aussi !

Vol du soir :
Il doit y avoir une trentaine de personnes qui travaillent à l’aéroport à cette heure-là, et nous seulement 3 « clients ».

Décollage, Ce n’est pas un nuage jaune là droit devant ??? Si….
Après l’apéro d’hier soir, je ne réfléchis pas trop. Virage à droite immédiat, je rappelle la tour pour lui dire que j’adore son terrain et que j’y retourne direct. Nico a déjà les flammes dans les mains, VS retrouve sa place au parking. Je coupe tout, en 30 sec les entrées d’air sont bouchées avec des T-Shirts, les flammes en place, l’avion est sous la bâche. Une fois à la tour, le contrôleur regarde par ses fenêtres… ben ça c’est de la brume sèche qui arrive. Non non, pas de vent de sable ce soir… Vous auriez pu faire un beau vol. Nico & Hervé doivent encore en rigoler :- )

Effectivement, il n’y aura pas le moindre grain de sable de toute la soirée. Au passage, les cours théoriques météo à l’aéroclub ne me feraient pas de mal: il fait 45°C, le point de rosée est à -5°C et il y a de la brume… 2 mois après, je n’ai toujours pas compris !

Dimanche 16 juillet

Pas de vol aujourd’hui, mais une superbe balade dans la vallée du Dra au sud de Ouarzazate.

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METAR GMMX 170800Z 06002KT 4000 HZ SCT033 FEW040CB BKN100 31/15 Q1019

Ce sera pour demain !
Le contrôle nous raconte l’histoire d’un Français qui n’a pas pu décoller pendant 15 jours, qui a finalement dû rentrer en vol régulier et laisser les clés aux contrôleurs. L’un de ses amis est venu plus tard récupérer l’avion.

Le soir, on discute des différentes possibilités :

  • soit on attend pour Marrakech, avec le risque de vraiment attendre,
  • soit on repart vers Errachidia et Fès.

Mais Errachidia et ses pompes à essences, on connaît déjà : autant continuer sur Fès directement. Donc, dès qu’une de deux possibilité est ok pour la MTO on part.
En attendant, nous avons une journée de repos et de visite de Ouarzazate. Ici un grand verre de jus d’orage frais coûte 25 centimes d’euros.
À trois, avec environ 50°C à l’ombre nous approchons la consommation horaire du VS (environ 36L)

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Survol de l’Atlas

Mardi 18 Juillet : Ouarzazate-Al Hoceima (GMMZ-GMTA)

4h du matin, le ciel commence à s’éclaircir…. Mais il est plein de brume. Pour Marrakech ça ne passera pas.

METAR GMMZ 180600Z VRB02KT 6000 SCT050 FEW060CB 28/06 Q1022 RESH=
METAR GMFF 180600Z 06005KT CAVOK 29/08 Q1017 NOSIG=

Coup de téléphone à Errachidia. Le temps est clair, parfaitement volable.

L’aéroport est désert, comme d’habitude. Fès en direct, ça devrait être un beau vol.

En fait, ce sera le plus beau vol du voyage. L’Atlas est à couper le souffle, les fonds de vallées sont verts et tout le reste est désertique.
Nous coupons au Nord d’Errachidia, la nav est un peu approximative, nous sommes dans la bonne vallée ça c’est sûr, ensuite quand la vallée tourne vers le nord nous la suivrons vers Fès…

Le contrôle d'Errachidia nous demande juste de les contacter avant de quitter la zone. Il n’y a pas de zone sur les cartes, alors le contrôleur nous en donne la limite:
« C’est quand ça ne capte plus ! »

À 20 Km près, nous savons où nous sommes sur les cartes Jeppesen, de toute façon le GPS est là pour confirmer notre NAV. À l’arrivée sur Fès, il enregistre un record à 175,7 nœuds.

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Posé à Fès, le plein pour le VS, le thé pour nous avec les contrôleurs, nous discutons avec un autre équipage Français qui descend vers Marrakech. Avec la météo de Ouarzazate, nous sommes un peu en retard sur notre planning, alors on enchaîne vers Al-Hoceima de suite.
La météo est OK, sans plus, mais c’est bon. Comme d’habitude au Maroc, juste après la rotation, le contrôleur nous demande une estimée sur tous les points de notre navigation. La première fois ça surprend, la deuxième fois, le GPS répond pour nous.

Al-Hoceima est sous une couche de nuage et il pleut… Ouarzazate est loin…

Le retour

Mercredi 19 Juillet Al-Hoceima – Valence (GMTA-LEAM)

Il a plu pendant toute la soirée. Nuage bas, couche à peu près soudée, ça ressemble un peu à la Bretagne, mais avec une température à 30°C. La météo n’est pas très bonne, mais ça devrait être localisé sur la côte et l’analyste météo nous promet un CAVOK à 3 Km au large. Bon, on va tenter…

Une fois dans l’avion je ne suis pas très fier : ça semble vraiment limite. Nico et Hervé sont en grande forme, ils rigolent tranquillement pendant le roulage avec les gilets autour du cou.
Je bougonne dans mon coin contre la météo, gaz ouverts, VS accélère franchement et commence à grimper aux arbres. 10°C de moins, 1000m plus bas, une trentaine de Kg d’essence en moins, quelques Kg de provisions en moins… Ça grimpe !

1500 ft, la visibilité est moyenne et la couche est à peine au-dessus. Cap sur l’Espagne, la visibilité augmente, la côte disparaît en arrière coincée sous les nuages ; le ciel est clair au-dessus.
À 10 min d’éloignement, une belle couche soudée apparaît en dessous. Nous sommes pourtant à 2500 ft.

Nico & Hervé trouvent ça génial, magnifique. Effectivement, c’est magnifique. Mais pour compléter mon grognement de mécontentement du décollage j’annonce que si, dans 5 min, on ne voit pas la fin de cette couche, ce sera un retour direct à Al-Hoceima. En fait, 2 min plus tard la fin de la couche apparaît. L’arrivée à Almeria se fera par un superbe CAVOK. Longue finale et nous revoilà en Europe.

Au passage de la douane, nous avons le droit à deux questions :
« D’ou venez vous ? »
« C’était bien ? »
Et voilà !

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Étape suivante : Valencia !
Plan de vol, un café, et nous retournons au DR400 faire une sieste sous les ailes en attendant le fuel.

Pour le décollage, la tour nous propose les deux pistes, de toute façon le vent est contraire sur les deux. Les manches à air à chaque extrémité de la piste se tournent le dos…

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En montée initiale, un gradient de vent fait monter le badin à 100Kt et le vario à 1800 ft/min. Le contrôle nous demande de rester à 1000ft jusqu’au point S : le VS devient une machine à laver…

Dès que nous quittons avec Almeria, nous grimpons vers 3000 ft. Le vol devient plus calme. Murcia se cache sous une couche de nuage, le contrôle nous fait contourner l’aéroport pour éviter deux trafics puis nous reprenons notre cap vers Valencia en passant à la verticale d’Alicante. Pour le contournement, le contrôle nous donne les caps à suivre, c’est tout simple, il n’y a même pas besoin d’interrompre notre repas dans le VS…

À Valence (LEVC), le contrôleur nous laisse le choix entre une directe façon liner ou un transit côtier en passant dans la classe A pour l’intégration, chemin que nous choisissons. Et le transit côtier valait bien le détour ! L’intégration se passe ‘comme à Muret‘, si ce n’est qu’il y a un 320 et un 727 dans le tour de piste.

F-GOVS, you are number two behind an Airbus in short final.

Je demande deux minutes d’espacement pour éviter les turbulences, et puis nous nous posons en piste 12 et nous roulons vers la pompe.

Follow me : priorité à l'aviation légère ?

Après le plein, la tour nous propose un follow me pour aller au parking. Pendant notre long taxi vers le parking d’aviation générale, on entend un A330 qui demande lui aussi un follow me. La tour s’excuse, il n’y en a qu’un seul aujourd’hui et il est occupé avec un « light aircraft ».

Il nous faudra 10 min de roulage pour arriver à l’autre bout de l’aéroport.
L’arrivée à Valence est un choc : le matin même nous buvions du thé à la menthe au Maroc, et maintenant nous sommes à Valence, qui rappelle toutes les grandes villes européennes.

Jeudi 20 Juillet : Les Baléares (LEVC-LESB)

L’inconvénient d’un aéroport international, c’est que c’est trop grand pour un DR-400. Au total nous passerons 1h dans l’aéroport de Valence et ses différents bus avant d’arriver à l’avion. Mais comme d’habitude, la taxe ne dépasse pas 10 euros…

Encore 10 min d’attente au point d’arrêt en regardant décoller des 737. Finalement, nous sommes autorisés à décoller après un EasyJet, et nous mettons directement le cap sur Majorque. La mer est calme, le vol d’une simplicité exemplaire : tout droit au cap 80°, pas besoin de compter les vallées.
Ibiza passe au loin sur la droite et nous voilà à Majorque. Une arrivée en auto-info et le VS se retrouve entre un Cessna et un hélicoptère Robinson.

Ensuite, il suffit de prendre le train qui passe devant l’aérodrome, et 15 minutes plus tard nous sommes en centre ville. 5 minutes de plus, et nous sommes à la plage.

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Vendredi 21 Juillet : Retour à Muret

Départ à 5h de l’hôtel pour mettre toutes les chances de notre côté avec les Pyrénées. Et ça marche !
La météo est ok pour une directe vers LFBR en survolant les Pyrénées.Décollage, et cap au Nord directement, point N, le survol maritime se fera au FL55. Barcelone nous demande ensuite de descendre vers 3000 ft à l’arrivée sur la côte, puis nous pouvons remonter : niveau 85, 105, 115.
Il y a juste une petite couche de nuages, du coup nous grimpons tout doucement au-dessus de la couche au niveau 125.

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Le contrôleur espagnol nous demande de contacter Bordeaux : c’est la fin des vacances…

Bordeaux demande si on a bien le sol en vue, il nous précise qu’il a un niveau de traversée au 140…. puis lors de la descente vers Muret, le contrôleur se rend compte que nous sommes en VFR, contrairement au plan de vol transmis par les Espagnols.

Descente vers Muret, la piste 12 nous attend.

Bilan

- Dès que possible, on y retourne !!
- Au total, nous avons mis 24h (compteur avion) et nous avons souvent privilégié les Nav touristiques par rapport aux directes… Il faut ajouter un peu plus de 500 Euros par personne pour les hôtels, les restaurants, les taxis et les taxes d’aéroport, la vie n’est pas chère au Maroc…
- Côté avion : il a marché comme une horloge ! L’altimètre qui affichait 2 hPa de décalage au départ s’est même recalé tout seul à Ouarzazate. La nav est très simple, mais un GPS est rassurant…
- Quand lors du réveillon, avec un copain, vous vous dites « Cette année, on va au Maroc en DR-400 ! » c’est sérieux…

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Ecrit par:
Bruno