MTO Blagnac (MVFR) : visi 6400m, tempé 17/, QNH1016 (LFMP Q1015, LFBZ Q1016)

Petit, il a tout d'un grand

Cette Traversée Longue et Sûre

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Publié par cchaix le 25 mai 2010 à 11:50


Récit d'un vol un peu particulier : le premier voyage au long cours effectué sur un CTLS au sein de l'aéroclub ; c'était en 2010.
Merci à Michel pour cette aventure en terre bretonne !

Le CTLS au pays des binious, bombardes, Korrigans et autres

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C'est nous...Brigitte, et Michel.

Samedi 22 mai 2010, 06h45 UTC, par une belle matinée ensoleillée, décollage pour GUISCRIFF SCAER (LFES) aux confins de la Bretagne.
Cet aérodrome se situe dans le Morbihan, à la limite du Finistère et à 25 km au nord de CONCARNEAU. Afin que le voyage soit plus agréable et subvenir à d’éventuels besoins naturels, une escale est prévue à l’Ile d’Yeu (LFEY).

La configuration de l’appareil, avec 2 personnes à bord (1 au poids standard et l’autre plus (….beaucoup plus) légère, permet l’emport de 20 kg de bagages en sus du plein complet (130L), ce qui donne une autonomie de 6h de vol. Donc, un ralliement possible de notre destination finale sans ravitaillement est largement envisageable.

 

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La météo ce jour est CAVOK tout au long du trajet avec un anticyclone centré au large des Açores. C’est une situation confortable, à ceci près que le vent sera levé quasiment tout au long du trajet.

Donc départ sur la balise MUT en montée vers 3000 ft QNH, qui sera l’altitude de croisière et route directe sur les Sables d’Olonne avant de rallier l’Ile d’Yeu. Ce trajet nous fait survoler entre autres l’île d’Oléron, Fort Boyard, l’ile d’Aix, l’île de Ré.

Magnifique !

CAVOK : conditions de plafond et visibilité optimales

Le survol maritime étant non négligeable, l’emport de gilets et le dépôt de plan de vol s’imposent.
Un aspect sécurité non des moindres dans ce type de survol est la dotation du CTLS d’un parachute de secours, ce qui serait certainement un énorme plus en cas d’amerrissage forcé dans une mer d’huile (difficulté d’appréciation de la hauteur au-dessus de l’eau) ou trop houleuse.

Quatre organismes d’information (Toulouse, Bordeaux, La Rochelle, Nantes) plus tard, nous voilà en contact avec l’AFIS de l'aérodrome de l'île d'Yeu (LFEY).

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A partir de la Pointe des Corbeaux (pointe Sud de l'île), nous longeons la côte Sud-Ouest de l’île (la côte étant interdite de survol) avant d’intégrer le circuit pour un poser en 15 sur la piste en dur.
Le vent traversier étant limite, la décision de prendre la piste en herbe orientée plus face au vent aurait pu se justifier ; mais quand on aime la difficulté...

L’accueil sur ce terrain, bien que sympathique, reste des plus sommaires. Il faut monter à la tour pour payer sa taxe d’atterrissage (≈ 4€) et il n’existe pas de lieu de rafraichissement excepté à l’aéroclub.
Pourtant, le parking était déjà encombré par de nombreux avions. C’est à priori une destination recherchée par de nombreux pilotes !!

Ce vol a duré un peu plus longtemps que prévu (2h37) et s’est effectué en atmosphère calme.
Le CTLS n’étant pas un aéronef encore très répandu, il a fallu parfois répéter le type d’appareil au contrôle aérien, et même le décrire sommairement !

Nouveau décollage (toujours avec du vent de travers) pour la seconde partie du voyage. Route directe initiale vers La Baule toujours 3000ft QNH, et ensuite descente à 2000 ft sur Aurais pour emprunter le cheminement sud des espaces aériens de Lorient (base navale de Lann-Bihoué) jusqu’à Concarneau.

Cette trajectoire nous fait passer à l’ouest de l’île de Noirmoutier et survoler tout le golfe du Morbihan. Les paysages survolés sont également d’une grande beauté. Nous apercevons au large Belle-Île et l’île de Groix.

Qu'elle est belle, ma Bretagne !!!

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En revanche, cette fois-ci, les thermiques se sont déclenchés et la structure en composite du CTLS rend le vol beaucoup plus turbulent. Nous nous faisons secouer quasiment pendant tout le trajet et la prise de photos devient ainsi  nettement plus sportive.

Passé Noirmoutier, nous passons l'île du Pilier (photo ci-contre)

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Arrivée sur le golfe du Morbihan, Vannes à l'arrière-plan

Après un petit survol de Concarneau et sa très belle ville close, nous voilà, après 1h24 de vol, en vue de Guiscriff (LFES) pour un poser en auto-information sur la piste 03.

Vent toujours de travers, mais là, pas le choix, il n’y a qu’une piste en dur.

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Après avitaillement de l’appareil jusqu'au plein complet (66 L), nous sommes très gentiment accueillis par la gestionnaire de la plateforme qui nous indique notre hangar pour le stationnement (15€ pour 2 jours) et taxe d’atterrissage forfaitaire de 4€ pour tout le séjour.

Escale sur place

3 jours et quelques chouchens plus tard, après avoir profité d'un temps splendide pendant tout notre séjour à Concarneau avec une moyenne de 28°C, direction l'aérodrome pour entamer le vol retour.

L'itinéraire prévu relie Saint-Brieuc, le Mont Saint-Michel avec une escale à Niort avant la destination, Muret.

Les conditions atmosphériques ayant évolué, nous nous retrouvons avec des conditions atmosphériques moins favorables qu’à l’aller, ce qui n’empêche nullement d’effectuer la majeure partie du vol à 3000 ft QNH. A nouveau vent de face pendant tout le trajet retour. Grrr !!!

CTLS_directionAvranches.jpg
CTLS_survol_MontSaintMichel_1920.jpg

Le survol de la côte de ST Brieuc au Mt Saint Michel se révèle également de toute beauté. On croise au large de Dinard et St Malo.  Au passage de la pointe du Grouin, on a une vue d’ensemble de la baie (malheureusement à marée basse) avec au large les îles Chausey et non loin du mont, le non moins fameux mont Tomblaine.
Que c’est beau !! Après les photos d’usage (minimum 3000ft autour du mont), route sud à l’issue pour une directe sur Niort ou nous nous posons après 2h33 de vol.

Bien que non nécessaire, je décide de recompléter à l’escale afin d’éviter de refaire le plein à l’arrivée. Belle escale que celle de Niort avec un accueil très sympa de la part d’Olivier (un des agents gestionnaires de la plateforme) et une taxe d’atterrissage des plus modestes (2€).

Nouveau décollage pour l’étape finale sur Muret atteint après 2h06 de vol et 100L d’essence restante à l’arrivée. Même pas besoin de recompléter. C’est-y pas beau çà ? Ça ne consomme rien, ces petites bêtes et c’est tant mieux. C’est meilleur pour l’écologie et ... le porte-monnaie.

Conclusion

Techniquement, le CTLS est un appareil de voyage très agréable, tout du moins dans la configuration proposée à Jean Mermoz.
Cet apparei (F-WDCT) dispose pour la partie navigation d’un GPSMAP GARMIN 695 facilement configurable au sol et en vol. Ergonomiquement, il est très bien placé dans l’appareil. Son grand écran en permet une utilisation très aisée et facilite grandement la navigation. Il possède même une fonction terrain qui permet de visualiser en coupe horizontale et verticale le franchissement des obstacles sur la trajectoire.
Les paramètres de pilotage sont centralisés dans un PFD (Primary Flight Display), avec possibilité d’utiliser des Bugs (alarmes), notamment pour les maintiens d’altitude et de route.

L’EFIS devant le pilote peut être configuré de plusieurs manières. Pour les décollages et atterrissages, je choisi en principe 2/3 PFD, 1/3 paramètres moteurs. Alors qu’en croisière, j’opte pour l’option 2/3 PFD, 1/3 ND (Navigation Display) qui est en fait la recopie du Panel du GPS.
Côté passager, l’écran peut être configuré de la même manière. Pour ma part, j’opte pour 2/3 paramètres moteur et 1/3 gestion carburant.

Petit bémol tout de même (il en faut bien un peu), le CTLS est relativement instable autour des axes d’inertie.
Bien qu’il dispose de compensateurs sur les trois axes (lacet, roulis, tangage) mais d’une efficacité toute relative, il demande une surveillance et un réajustement constant des paramètres tout au long du vol. Cela évite en tout cas de s’assoupir car l’installation dans la cabine plutôt spacieuse est confortable et pourrait entraîner une hypo vigilance en vol prolongé.

 

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Article initialement publié en 2010, republié en septembre 2018.

8 ans après, l'exploitation pérenne d'un CTLS est enfin une réalité (voir Les CTLS à l'ACJM, et notre flotte).
Merci à Michel d'avoir fourni ses textes et images, et pour cette belle balade !

Ecrit par:
Michel